Jol ou Yule autrefois
En Islande, la fête de
Noël existait bien avant l'adoption du christianisme
en l'an 1000. Elle portait le nom de Jol (ou Yule)
et les vikings y célèbraient le
solstice d'hiver et l'inversion de la course du
soleil augurant le rallongement des journées.
La fête durait plusieurs jours remplis de
ripailles, de beuverie, de danse, de jeux et de
joutes sportives.
Quelques sagas islandaises mentionnent
la fête de Jol sans pour autant la relier
à un rite religieux. Il est possible que
des sacrifices étaient offerts aux dieux
de la mythologie nordique mais ce n'est pas sûr.
Les préparatifs de Jol
consistaient à abattre un mouton ou un
boeuf et à brasser de grandes quantités
de bière de malt. Les grands chefs invitaient
beaucoup de monde à ces festins copieusement
arrosés et offraient des cadeaux aux invités
lors de leur départ. On sait aussi qu'ils
accordaient une grande importance à la
décoration de leur maison à cette
occasion.
Les festivités et amusements
perdurèrent jusqu'à la Réforme
en 1555 dont l'austérité mit fin
à toute manifestation de plaisirs. Finis
les danses, les jeux de cartes et les excès
alimentaires.
Noël de nos jours
La fête de Noël en
Islande est devenue une fête familliale
mais a gardé quelques unes de ses traditions
ancestrales notamment culinaires. Elle dure treize
jours.
Le 23 décembre, les familles
islandaises mangent un plat de raie fermentée
et décorent ensemble l'arbre de Noël.
C'est aussi une journée de shopping pour
les cadeaux de dernière minute car les
magasins restent ouverts jusqu'à minuit.
Le 24 décembre, le réveillon
se passe avec la famille proche. Les plats traditionnels
sont le Hangikjöt ou mouton fumé,
la Kjötsúpa ou soupe de mouton,
le Hamborgarhryggur ou roti de porc fumé,
le Rjúpa ou perdrix des neiges et
le Laufabrauð, une galette de pain
finement ciselée (voir
recettes en anglais). Après le repas,
c'est l'ouverture des cadeaux tant attendue par
les enfants.
Le 25 décembre est consacré
à la famille plus étendue, les oncles
et tantes, les cousins ...
Le 26 décembre, le lendemain
de Noël, la fête continue avec les
amis proches. Là on danse et on mange les
restes.
Le 31 décembre, le 8e
jour de Yule est une nuit magique où la
tradition rapporte que les vaches parlent, les
phoques prennent forme humaine, les morts sortent
de leur tombe et les elfes déménagent.
Quant aux humains, ils boivent et dansent sous
les feux d'artifice.
Le 6 janvier, le dernier jour
de Yule, est fêté avec des feux de
joie et des danses elfiques.
Légende des 13 pères Noël ou
Jólasveinarnir
Les jeunes islandais ont bien
de la chance. Ils n'ont pas un mais 13 pères
Noël, les Jólasveinar ou Yuletide
Lads. Mais la traduction "pères Noël"
n'est pas exacte car il s'agit plutôt de
lutins farceurs, descendants de trolls, qui vivent
dans la montagne bleue Bláfjöll près
de Reykjavik.
Leurs parents sont la terrible
ogresse Grýla et le paresseux Leppalúði
qui préfère resté couché
pendant que sa femme parcourt la lande pour attraper
les enfants méchants qu'ils dévoreront
ensuite. Le chat de cette singulière famille,
Jólaköttur ou chat de Noël, n'est
pas en reste. Aussi redoutable qu'Azraël,
le chat de Gargamel, il capture ceux qui ne portent
pas de vêtement neuf la nuit de Noël.
C'est pourquoi, les enfants reçoivent en
cadeau de nouveaux vêtements. Ces trois
personnages ont terrorisé des générations
entières d'enfants islandais.
Mais revenons à nos 13
lutins espiègles qui aiment bien jouer
de vilains tours et commettre de menus larcins.
Un par un, ils descendent en ville du 12 au 24
décembre puis repartent l'un après
l'autre jusqu'au 6 janvier.
Stekkjarstaur est le premier à descendre.
Le 12 décembre, il se glisse dans les bergeries
et rend les moutons fous en essayant de têter
le lait au pis des brebis.
Giljagaur descend le 13 décembre
et s'introduit dans les crémeries pour
voler le lait de vache.
Stúfur qui arrive le 14 décembre
gratte les fonds de casserolles pour en manger
les restes.
Þvörusleikir se glisse dans les cuisines
et lèche les cuillères en bois qui
ont servi à touiller.
Pottasleikir vient lècher les casserolles
et les marmites le 16 décembre.
Askasleikir est un lècheur de gamelles.
Il se cache sous les lits le 17 décembre
et vide tout bol de nourriture déposé
par terre pour le chien ou le chat.
Hurðaskellir fait un boucan d'enfer en
claquant les portes et empêche les gens
de dormir.
Skyrgámur qui descend de la montagne le
19 décembre est un véritable glouton.
Il aime tant le Skyr (fromage blanc) qu'il en
mange à s'en faire éclater la panse.
Bjúgnakrækir adore les saucisses. Il engloutit
toutes celles qu'il attrape le 20 décembre.
Gluggagægir est tellement curieux qu'il
espionne par la fenêtre l'intérieur
des maisons et il s'empare des jouets qu'il trouve
jolis.
Gáttaþefur, le lutin du 22 décembre, renifle
sous les portes. Il adore l'odeur du pain et des
gâteaux de Noël. S'ils sentent bons,
il tentera d'en chiper un ou deux.
Ketkrókur est un crocheteur de viande.
Le 23 décembre est le jour où on prépare le mouton
fumé. Il essaie donc d'attraper des morceaux de
viande par la cheminée à l'aide
d'un crochet.
Kertasníkir, le dernier des lutins est
un voleur de bougies. On dit aussi que c'est lui
qui souffle toutes les bougies le soir du réveillon
pour plonger la maison dans le noir pendant que
les parents disposent les cadeaux sous l'arbre
de Noël.
Les 13 lutins de Noël ne sont pas que des farceurs.
Ils déposent aussi des sucreries et des
petits cadeaux dans les chaussures des enfants
sages tandis que les méchants y trouvent
une vieille patate. Les chaussures sont placées
sur le rebord de la fenêtre 13 jours avant
Noël et ces petits présents quotidiens
permettent aux enfants de patienter jusqu'aux
véritables cadeaux de Noël.
Ces dernières années est apparu
un nouveau larron, Kortaklippir, coupeur
de carte bancaire, qui sévit quand on explose
son budget en cadeaux de Noël. Avec la crise
qui frappe lIslande actuellement, il a dû
faire beaucoup de victimes en cette fin dannée
2008.
|